Blogues voyages26 mai 2010
Champlain, ce grand rouleur
Ce qui est fascinant avec l’Histoire, c’est qu’on a beau lire tout ce qui nous passe sous la main, on ne cesse jamais de faire des découvertes. Prenez Champlain. Samuel de Champlain. Si on vous avait dit, encore hier, qu’il était furieusement vélo, vous auriez eu un petit doute. En tout cas un soupçon. Faut pas charrier aurait murmuré votre petite voix intérieure. Après tout, vous n’êtes pas du genre à vous laisser raconter des sornettes. Et pourtant…

Quand on s’arrête au parcours du prochain Grand Tour, quand on prend bien le temps de l’étudier, il n’est plus possible de douter. Quiconque a roulé le long du lac Champlain en vient d’ailleurs à la même conclusion. Pas de doute, le bonhomme était cycliste. Oui, Samuel roulait. D’accord, le début du 17e siècle, c’était avant les cuissards, les maillots et les pédales spd. Avant les routes et les pistes cyclables. Justement! Le gars n’en avait que plus de mérite! Tenir son guidon d’une main et son arquebuse de l’autre est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. Que dire du portage…
Avant de s’égarer, revenons au circuit du Grand tour 2010. Il relie le lac Champlain à la vallée du Richelieu. Je ne sais trop comment vous fonctionnez, mais moi, lorsqu’on me présente un parcours sur lequel j’ai roulé, en tout ou en partie, tout plein de souvenirs se bousculent. L’ennui, c’est qu’ils ont parfois bien peu à voir avec le parcours à proprement dit. Je me souviens en vrac de la réparation d’une crevaison, d’un petit resto sympa au bord de la route, de l’endroit où l’on a acheté du miel ou du fromage, d’un fou rire mémorable, ou de ce croisement de routes où l’on a pris à droite quand il fallait tourner à gauche parce qu’on avait confié le plan à quelqu’un qui l’a à peine regardé.

C’est pourquoi j’ai appelé Isabelle. Elle en a de la chance, Isabelle. Des mois avant la horde joyeuse des Grands Toureurs, quand moi je commence à ronger mon frein arrière à l’approche de l’hiver, elle part en repérage. En expédition, aurait dit Champlain. Le parcours du Grand Tour, elle l’a dessiné. Elle le connaît donc par cœur. « Cette année, la beauté du décor sera proportionnelle à l’effort exigé. », dit-elle, enthousiaste. C’est-à-dire? On peut s’attendre, du moins au départ, à un circuit vallonné. Normal, me direz-vous, on est au beau milieu des Adirondacks. Par le fait même, inévitablement, ça vaut le coup d’œil. Les cyclistes longeront des rivières, frôleront le lac Champlain et auront de multiples occasions d’admirer les montagnes. Tout ça sur des routes presque irréprochables. Souvent en empruntant le Bike Route 9. Du bonbon!

Allez savoir pourquoi, à ce moment de ma conversation avec Isabelle, je me suis inquiété pour les grimpeurs. En auront-ils pour leur argent? Le parcours sera-t-il à la hauteur de la puissance incontestée de leurs mollets en forme de melons? Isabelle a vite chassé mes inquiétudes. Depuis, je dors beaucoup mieux. Selon elle, le parcours optionnel de la première journée comporterait une montée de neuf kilomètres qu’on ne serait pas près d’oublier. Assez exigeante en-tout-cas pour donner un joli teint à tous les maillots à pois du Grand Tour. Ils me raconteront tout ça autour d’un bon repas.
Parlant de bistrot, j’ai aussi parlé à Alain. Alain est un homme à connaître. C’est lui qui organise les villages du Grand Tour. Quand je l’ai rejoint au téléphone, il était très préoccupé. En fait, il avait un problème sur les bras. Un gros. Dans chacune des localités où s’arrêtera le Grand Tour en août prochain, les gens se montrent gentils. Trop gentils. Ils ne se contentent pas de préparer quelques activités à l’intention des 2000 Grands Toureurs. Non. Ils en planifient beaucoup. Des tas. Tout plein. Ponton, plage, canot, kayak, visites historiques, conférences sur l’histoire. Alouette. La liste n’en finit plus. Inutile de se défiler. Faudra trouver du temps.
Mais à quoi ressembleront les villages du Grand Tour? Là-dessus, Alain ne fait pas de secret. D’après lui, ça commencera sur les chapeaux de roue. Ou sur les pignons, si vous préférez. Le samedi qui précédera le départ à Glens Falls promet d’être inoubliable. Impossible, paraît-il, de ne pas s’y sentir en vacances. Tant pis. Faut ce qu’il faut! La suite serait à l’avenant. Immenses terrains de camping et irréprochables traiteurs. À ce sujet, Alain sait très bien de quoi il parle. Il a goûté. Heureux homme.

Pas de doute, tout cela donne très envie. N’empêche, même si tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, Alain a bien eu un petit coup de cœur, non? Un de ces moments magiques où l’on ne voudrait pour rien au monde se trouver ailleurs. Sa réponse ne s’est pas fait attendre. En moins de temps qu’il n’en faut à un Grand Toureur pour commander une boisson désaltérante après avoir roulé tout son soûl, il m’a parlé de Bluff Point. L’endroit est situé près de Plattsburgh. Loin des incontournables centres commerciaux où se bousculent les Québécois. La vue qu’on y a sur le lac, les îles, le Vermont y serait absolument inoubliable. Noté. J’apporterai mon appareil photo.

D’accord, on l’a compris, les journées passées à rouler dans l’État de New York vaudront amplement le voyage. Le Québec, où l’on roulera en fin de parcours, ne sera pas en reste. Qui n’a pas rêvé de voir apparaître un bouquet de montgolfières dans le ciel de Saint-Jean au saut du lit (ou au sortir du sac de couchage)? Quelqu’un peut-il me dire si les vélos sont admis dans les nacelles?
Et Samuel de Champlain dans tout ça, me direz-vous? Soyez rassuré, il sera du voyage. Imaginez-vous au coin de Champlain et de Montcalm à Ticonderoga ou au pied du monument qu’on a élevé à sa mémoire à Plattsburgh, 400 ans après son passage. Il y a mieux… La rumeur voudrait que l’un des cyclistes du Grand Tour fasse revivre le fondateur de Québec à l’heure de l’apéro. Perruque, jabot et cuissards, ce sera du plus bel effet. Allez, je mets tout ça dans mon bagage. Sait-on jamais.
P.-S. Je me trompe ou ça sent les vacances?
Roulez avec nous au Grand Tour, du 8 au 13 août 2010.
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C O M M E N T A I R E S
8 juin 2010 - 18 h 30 - par André Babin
Vous m’avez mis l’eau, ou la bière, ou la coupe,à la bouche.
Oui ça sent les vacances! Pis chr... que j’ai hâte! Depuis le 04/03/2010 que je suis inscrit.